INTERVIEW BODYWORK N°6 - Primitive Mallory

Un article sur le tattoo, un bon bouquin à partager, un sujet de société… Viens échanger et te cultiver dans cette zone.

INTERVIEW BODYWORK N°6 - Primitive Mallory

Messagepar Krän » Mer 5 Aoû 2020 22:40

Rencontre avec Primitive Mallory

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C'est au détour d'un guest chez Dolores Paris que nous avons rencontré le discret mais non moins sympathique Primitive Mallory. Un petit café avec Olivier, patron de la boutique et hôte de qualité, en attendant Mallory qui termine d'emballer la nouvelle scarification de sa cliente.
Il a terminé son rendez-vous, nous voilà posés devant le shop, au soleil, pour tailler le bout de gras si je puis dire.

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Depuis combien de temps pratiques-tu ce que l'on appelle souvent les bodmods "lourdes" (scarifications, splits, implants, etc.) et quel a été ton parcours ?
Je suis passionné par la scarification depuis très longtemps du coup j'ai toujours plus ou moins pratiqué sur moi et sur mes potes. (sourire)
Sinon officiellement ça fait un peu plus de 6 ans que j'ai commencé le piercing et que je travaille en shop.
J'ai proposé dès le début de la scarification puis petit à petit d'autres modifications.
J'ai commencé à Clermont Ferrand au Cri du Kassis avec Valérie qui m'a formé aux piercings et qui m'a fait rencontrer beaucoup de monde tel qu'Olivier Laizé, Morgan Dubois, ...
Ensuite je suis resté 4 ans à Lyon chez Empreinte Body Art où j'ai par la suite fait quelques guests.
Aujourd'hui, je travaille chez Abraxas Run sur l'île de la Réunion.
Je rentre en métropole une fois l'an pour faire un petit tour de France et d'Europe afin de faire des guests, généralement vers la fin de l'été.
(NDLR : Mallory annonce et met à jours les dates/lieux sur ses pages Facebook&Instagram, rendez-vous sur celles-ci afin de savoir où le rencontrer prochainement !).

Dans ton pseudo, ton prénom est précédé de "Primitive", peux-tu nous expliquer pourquoi ?
J'ai toujours eu un rapport très naturel avec les modifications corporelles. Je ne sais pas si "naturel" est le bon mot mais quelque chose qui vient de l'intérieur, un sentiment très primitif en soi. Je fonctionne beaucoup au feeling, ce n'est pas forcement évident à expliquer avec des mots.
C'est aussi une référence au mouvement Modern Primitive dans lequel je me retrouve beaucoup.

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Pour nos lecteurs qui ne connaîtraient pas le mouvement "Modern Primitive", peux-tu nous en dire un peu plus à son sujet ?
Le mouvement Modern Primitive a émergé à la fin des années 1980 grâce au performeur américain Fakir Musafar. C'est une vision de la modification corporelle moderne qui s'inspire des pratiques de rites de passages des cultures dites "primitives". Les piercings, tattoos, scarifications, suspensions et autres sont pratiqués depuis très longtemps dans certaines tribus.
Aujourd'hui on les réalise différemment dans nos cultures occidentales mais c'est bien de se souvenir d’où ça vient et dans quel contexte elles effectuaient ces pratiques.

Je te rejoins sur l’intérêt d’avoir quelques connaissances sur les origines de ces pratiques. D'ailleurs, ces dernières années j’ai vu de plus en plus de personnes, notamment sur les réseaux sociaux, critiquer ce qui est appelé "l'appropriation culturelle" (notamment lorsque des scarifications se rapprochent de celles que l'on peut voir portées par des membres de tribus, de même pour certains bijoux de piercing par exemple, ou des tatouages).
Quel est ton point de vue à ce sujet ?

J'ai un peu de mal avec ce terme "appropriation culturelle", je ne pense pas qu'il faille être un descendant de Papou pour avoir le droit de porter un septum par exemple.
De tout temps les cultures se mélangent et évoluent, c'est ce qui fait aussi leur beauté.
Je ne vois pas ce qu'il y a de dégradant à s'intéresser à une culture et à lui rendre hommage. Le tout c'est de le faire avec respect, évidemment, comme tout le reste d'ailleurs.

Tu évoquais la référence au mouvement Moderne Primitive, as-tu d'autres sources d'inspiration ? Qu'est-ce qui a participé à ton évolution vers ces pratiques ?
A la base ça a surtout été des rencontres qui m'ont menées à ces pratiques, entre autre avec Lukas Zpira et son travail en scarification. Et puis il y a eu le web, BME principalement, mais les forums aussi. (sourire)
Sinon il y a beaucoup d'ouvrages intéressants, le principal a été "Modern Primitives" de RE/Search. C'est un peu la bible. (sourire)
Dernièrement j'ai beaucoup aimé "Magical Tattoos and Scarifications", un livre de Lars Krutak, qui fait justement référence aux pratiques de certaines tribus.
Sinon au quotidien les inspirations sont diverses, souvent je ne m'en rends pas vraiment compte, je retiens des choses que j'aime bien et ça se retranscrit dans mon travail. Ça peut être des formes, des mouvements, des corps, ou la nature plus généralement.

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As-tu une ou des pratiques de prédilection et a contrario y en a-t-il certaines que tu as choisies de ne pas réaliser ?
(Exemples : eyetattoo, implants magnétiques ou RFID, ablations nombril/téton/etc., mods génitales type subincision, ...)

Clairement c'est la scarification que j'affectionne le plus, je viens de là, c'est ma passion première. (sourire)
En général je préfère couper et enlever des morceaux plutôt que d'en ajouter. (rire) Après, je prends du plaisir dans tout ce que je fais, sinon je ne le ferais pas. (sourire)
Je ne me donne pas vraiment de limite, je ne me dis pas que je ne ferai jamais telle ou telle procédure, mais il y en a des plus compliquées que d'autres et certaines que je sens mieux que d'autres. Je ne me force jamais, si je ne me sens pas prêt pour une procédure je ne cherche pas à la faire même si on me la demande.
J'en plaisante assez facilement mais ce ne sont pas des choses que je fais à la rigolade, ce sont des modifications lourdes et le mot "lourdes" n'est pas anodin.

Effectivement, et ta dernière phrase me fait penser que depuis quelques années le terme "démocratisation" est régulièrement associé au tatouage, l'associes-tu également à "Heavy Mods" ? (Avec peut-être pour conséquences ce que certaines personnes pourraient considérer être des dérives ou excès.)
Oui les modifs lourdes se démocratisent, on en voit de plus en plus souvent, et c'est de plus en plus facile d'accès. Sûrement à moins grande échelle mais ça va faire un peu comme pour le tattoo.
Je n'ai pas vraiment d'avis sur ce qui devrait être ou ne pas être, tout évolue avec les avantages et les inconvénients que ça implique, dans tous les cas on n'y changera pas grand-chose. (sourire)
Il faut juste faire attention vers qui on se tourne quand on veut faire une modification lourde, et bien se renseigner, ce n'est pas un acte anodin.

Dans le domaine de la scarification, je pense qu’une certaine démocratisation s’est opérée du fait de la réalisation/publication par bon nombre de bodmodeurs de motifs figuratifs aux traits fins. Pendant longtemps les dessins étaient majoritairement simples, quelques gros traits et formes géométriques par exemple. Pourquoi y a-t-il cette nouvelle approche de la scarification selon toi (plus plaisant à réaliser, plus de challenge, plus de réactions positives, ...) ?
Et quel est ton rapport avec ce type de travail ?

Je n'ai pas vraiment d'explication, au bout d'un moment on explore forcément d'autres voies et on développe de nouvelles techniques qui augmentent les possibilités. Ce genre de travail est toujours très intéressant techniquement, mais ça ne rejoint pas forcément ma vision de la scarification.
Pour moi la scarification c'est quelque chose de "brute" dans le fond et la forme, c'est une "blessure de guerre", c'est un passage à "l'âge adulte", une transition… Ca touche le corps et l'esprit.
J'aime les lignes assez simples qui suivent les courbes du corps. L'idée du dessin figuratif que l'on patch un peu n'importe où me fait moins vibrer.
Je ne rechigne jamais face à ce genre de travail mais ce n'est pas forcément ce que je proposerais de moi-même à des clients. (sourire)

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Tu proposes d’ailleurs régulièrement [NDLR : sur Facebook&Instagram] des motifs de scarifications, ce que d'autres bodmodeurs ne font pas forcément (et attendent donc du client qu’il fournisse un motif). Qu’est-ce qui te motive à en proposer et ont-ils des significations particulières ?
Comme je disais à l’instant, je suis toujours ouvert à tous projets mais il y en a forcément certains qui m'attirent plus que d'autres.
En proposant des motifs que j'aimerais faire, ça donne des idées aux clients, des inspirations... C'est aussi un peu de mon univers que je leur fais découvrir.
Je travaille beaucoup sur le côté rituel de la modification corporelle, le résultat est très important mais l'acte lui-même ne l’est pas moins.
Je propose des motifs qui selon moi vont dans ce sens, très primaires mais très efficaces. (sourire)

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D'ailleurs, tes clients, qui sont-ils ?
Il y a vraiment de tout, c'est ce qu’il y a de génial avec ce métier. (sourire)
Il y a aussi bien des personnes de 18 ans qui veulent que leurs premières scarifications se voient quand elles seront à la plage, que d'autres qui n'en sont pas à leurs premières modifs, avec des approches très variées.

Quel rapport privilégies-tu avec tes clients ?
Par exemple lorsqu’ils souhaitent une scarification, leur demandes-tu si l'acte et/ou le motif ont une signification particulière ?

Je ne demande pas forcément. Ce sont des choses qui se font assez naturellement avec le client.
Il y a des projets pour lesquels il est intéressant de partager, de discuter avec le client, pour aller dans le sens de sa démarche ; Il y a des projets purement esthétiques ; Et il y aussi des projets très personnels pour lesquels les clients n'ont pas forcément envie de partager, je respecte beaucoup ça aussi. Je n'impose rien, je suis avant tout un outil. (sourire)
Je propose d'être acteur du moment, de vivre cette transition avec eux, de ritualiser l'acte... Mais je n’impose rien.
C'est avant tout un moment pour le client et mon but est qu'il le vive de la meilleure manière qui soit pour lui. C'est ce que je privilégie en priorité, que le client passe un moment agréable, quelle que soit la manière. (sourire)

Lorsque l’on discute avec des Bodmodés il y a effectivement des approches et des rapports aux pratiques très variés ; Et des perceptions bien différentes des bodmods (tattoo/piercing/scarification/...) entre elles également.
Selon toi pour quelles raisons, encore aujourd'hui, un fossé semble séparer dans l'esprit de beaucoup de gens (même au sein des passionnés de bodmods) les pratiques de tatouage/piercing de celles des "heavy mods" ?

Il s'agit toujours de modifier son corps mais il y a milles façons différentes de le faire. Le piercing est différent du tattoo, qui sont tous deux différents des modifications dites lourdes...
Evidemment les heavymods sont moins présentes dans la culture populaire, on est moins habitués/préparés à en voir. Il y a forcément plus de réticences, surtout que ce sont des procédures plus lourdes comme le terme l'indique. (sourire)
On a tous nos limites/nos curseurs, que chacun vive comme il a envie, on ne force personne. (sourire)

Le tatouage plus particulièrement me semble être mieux perçu (ou moins « mal vu » pourrait-on dire) ces dernières années et il se démocratise comme nous l’avons évoqué. Peut-être est-ce aussi parce qu’il est, plus fréquemment que d’autres pratiques, reconnu comme étant artistique.
Considères-tu les heavy mods comme une pratique artistique, dans leur ensemble, ou seulement certaines (pour des raisons de techniques de réalisation, de résultats esthétiques, de démarches, ...) ?

C'est dur de regrouper toutes les modifs lourdes sous la même enseigne. La frontière entre artiste et artisan est toujours assez mince. Il y a des choses, telle que la scarification, qui vont plus se rapprocher du domaine artistique, alors que la pose d'un implant magnétique va n'être que de la technique.
Perso j'ai du mal à me considérer comme un artiste, Philippe Liotard parle "d'artisans de la chair", j'aime beaucoup ce terme. (sourire)
(NDLR : Philippe Liotard est un sociologue et anthropologue, bien connu des amateurs de ‘modifications corporelles’ les plus curieux ; Notamment pour ses publications traitant du corps, du rapport à celui-ci et abordant donc entre autre les pratiques de tatouages/piercings).

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J’ai longtemps entendu dire que pour bien faire son boulot un tatoueur devait être tatoué, un pierceur piercé... Et toi, quel est ton rapport avec les modifications corporelles et notamment les heavymods (que portes-tu par exemple) ?
C'est vrai que connaître la sensation, avoir vécu l’expérience, ça aide pour l’expliquer au client. Mais si ce n’est pas le cas ça n'empêche pas forcément de faire du bon boulot pour autant. (sourire) J'avoue que ça ne fait pas de mal de se remettre à la place du client de temps en temps pour ne pas oublier ce que ça fait d'être de l'autre côté.
Perso je porte principalement de la scarification, c'est vraiment ce que j'aime. (rire) Sur les bras, le torse jusqu’à l'entre jambes, un peu moins sur les jambes... J'ai aussi un split, des implants magnétiques, quelques tattoos à l'encre blanche, des piercings et plein d'autres projets à venir. (sourire)

Tu as toi-même réalisé certaines des modifications que tu portes, d’autres ont été faites par des ‘collègues’ (sourire). Qui apprécies-tu comme artistes/tatoueurs/pierceurs/bodmodeurs, pour leurs réalisations ou leurs démarches ?
Pas évident comme question, j'aime beaucoup de choses, de gens... Surtout les gens que je connais en vrai, qui ne sont pas forcément connus mais qui font des choses qui leur tiennent à cœur. (sourire)

Nous avons beaucoup parlé BodMods "définitives", cependant certaines pratiques temporaires telles que play piercing, suspension, ou injection saline, sont proposées par certains bodmodeurs, en réalises-tu également ?
J'avoue que ça fait un moment que je n'ai rien fait de tout ça... J'aimerais bien m'y remettre mais je ne trouve pas le temps en ce moment. Il y a tellement de chose à explorer. (sourire)
J'aimerais organiser un événement en petit comité dans la nature/forêt accompagnés d’instruments de musique, avec de la suspension, du tattoo handpoke, de la scarification, ...
A voir, peut-être quand je rentrerai de La Réunion. (sourire)

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Sur BodyWork, nous avons pour habitude de terminer nos interviews avec une question à la con, préfères-tu avoir à réaliser une scarification avec un couteau à huître, ou bien un tongue splitting avec un ciseau d'écolier ? (sourire)
Les deux sont vraiment intéressants. (rire)
Aller, je crois que mon petit cœur balance pour la scarification au couteau à huître (rire), en plus ça me rappellera le bon souvenir du citron. (sourire)

Merci Mallory, c'était un plaisir ! Une dernière chose à ajouter peut-être ?
Tout d'abord merci à toi et au forum pour cette interview, c'est la première fois que j'en fais une et ce n'est pas un exercice facile. Merci d'avoir pensé à moi en tout cas, vraiment !

Et si je peux me permettre de dire un dernier truc directement aux lecteurs : "Faites ce que vous avez envie de votre corps ! Ne vous empêchez pas d'être vous-mêmes. Ne laissez personne d'autre décider pour vous. On n'a qu'une vie et ce n'est déjà pas évident. (sourire) My body, my rules".


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Re: INTERVIEW BODYWORK N°6 - Primitive Mallory

Messagepar Dim » Jeu 6 Aoû 2020 01:26

Même si je suis clairement un passionné de tatouages, les scarifications ont toujours de leur coté attisé ma curiosité. Ça me rappel les discussions qu'on avait eu sur le sujet irl.
C'est un réel plaisir de lire les propos d'un passionné. Je ne doute que tu as du prendre beaucoup de plaisir à pouvoir échanger avec eux deux.
Je trouve que dans ses réponses, il arrive vraiment à retranscrire la passion qu'il a pour son travail tout comme il le fait dans ses postes. Merci pour cette interview :pink:
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°6 - Primitive Mallory

Messagepar Harper » Jeu 6 Aoû 2020 06:45

Attirée par le titre.
Poussée par la curiosité.
Je n'ai rien lu, l'impression qu'on me vole un moment, qu'on m'arrache un rdv, qu'on me gâche la spontanéité, qu'on me spoile la moitié du film...blasphème.

Lot de consolation: la première photo est sublime.
Et ça continue encore et encore c'est que le début d'accord, d'accord :)
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Re: INTERVIEW BODYWORK N°6 - Primitive Mallory

Messagepar Krän » Jeu 6 Aoû 2020 20:38

Je n'ai jamais réussi à te faire plaisir, malheureusement, une fois encore c'est raté. :|
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